S'y retrouver parmi les différents régimes amaigrissants
* Régime, vous avez dit régime ? Quel régime ? Si vous ne mangez pas pendant
24 heures vous maigrissez. Normal, banal, physiologique, et rapidement dangereux. Je n'appelle pas ça un régime amaigrissant mais une grève de la faim.
* Les régimes dissociés ? Ils vous font manger moins en cumulant certains interdits. Interdiction de manger des glucides rapides + des protéines.
Interdiction d'associer glucides complexes + lipides. Exclusion définitive ou temporaire de certains aliments. Etc.
Résultat : vous maigrissez en vous imposant des restrictions de toutes sortes, plus ou moins fondées. Le moindre écart coûte cher
en kilos. Et quand vous reprenez des habitudes alimentaires plus normales... vous retrouvez un poids égal ou supérieur à celui que vous
pesiez avant de commencer le régime. L'intérêt de ce genre de régime est de proposer des principes totalement différents de ce
que l'on applique spontanément, on est donc obligé de faire attention à ce qu'on mange et cette vigilance porte ses fruits.
De plus, certains principes permettent d'éviter les ballonnements, reconnaissons-le.
En revanche, ces régimes ont tendance à accorder une trop grande place aux matières grasses en général et aux matières grasses animales en particulier.
Ces dernières apportent des acides gras saturés, ceux-là même qu'il faut réduire pour protéger
son système cardio-vasculaire. Maigrir, d'accord, mais pas au détriment de sa santé. Un régime dissocié peut donc être une
solution acceptable, à condition de faire attention aux aliments gras et aux matières grasses... auquel cas il devient un régime
hypoénergétique appliqué selon des modalités légèrement particulières.
* Les combinaisons alimentaires suivant les règles de l'acido-basicité (discours pseudo-savant où l'on vous parle d'électrolytes, d'ions, d'enzymes
se déclinant en une foule de mots peu courants finissant en "-ase" !) sont une autre forme de régime dissocié : elles sont très dangereuses
car elles peuvent induire une et une dénutrition protido-énergétique et une perte de repères (on ne sait plus quoi
manger et on vit dans la crainte et la culpabilité permanentes de mal manger ; on croit, qui plus est, son organisme incapable de fonctionner
normalement même lorsqu'on est en bonne santé - paradoxe s'il en est !). Elles partent du principe que
notre organisme n'est pas capable d'assurer ses fonctions et qu'il faut donc remédier à ses défaillances. Ainsi, elles exigent par exemple de ne
pas mélanger d'aliments acides avec des féculents sous prétexte que l'amylase buccale, première enzyme intervenant dans la digestion de
l'amidon, est efficace au pH de notre bouche et non à celui de notre estomac. C'est vrai, c'est pourquoi l'amylase buccale se trouve dans notre
bouche et non dans notre estomac. A l'inverse, on vous dira qu'il ne faut pas manger d'aliments alcalins en même temps que la viande pour la
digestion de laquelle l'activité enzymatique dans l'estomac (action de la pepsine) nécessite un milieu acide. C'est vrai, c'est pourquoi les
protéases gastriques permettant la digestion gastrique des protéines sont justement libérées en milieu acide, dans notre estomac, et non
dans la bouche... C'est également méconnaître la suite de notre système digestif (qui ne s'arrête pas à l'estomac !), où du milieu acide (pH de l'estomac = 2),
le chyme (reste du bol alimentaire après l'étape de la digestion gastrique) passe à nouveau en milieu alcalin pour la phase de digestion intestinale,
et cela sans l'aide de personne, simplement parce que nous sommes ainsi faits (pH du duodénum = 6) et que la nature nous a naturellement équipés pour cela par des moyens efficaces :
ainsi, notamment, la quantité de bicarbonates sécrétés par le pancréas est contrôlée de façon réflexe et est à peu près égale à la quantité d’acide sécrétée par l’estomac. Le pH changera encore dans le jéjunum pour avoisinner les 7,8 et, soyons honnête, le fait que vous avez mangé de l'ananas, aliment très acide au pH voisin de 3,5 , ou des biscuits apéritifs à un pH voisin de 8, n'y changera rien.
Enfin, on vous incitera à manger des aliments et compléments alimentaires qui contiennent des enzymes digestives
parce que les vôtres ne font pas leur boulot, et si votre gourou peut vous vendre au passage une cure d'urinothérapie ou vous convertir aux bains dérivatifs, il ne s'en privera pas.
* Le jeûne (ou la diète) ? Vous passez une journée sans manger ou à boire simplement des tisanes sans sucre, enfin en suivant ce genre de
principe. Résultat : vous êtes fier et réconciliez corps et spiritualité... Une fois de temps en temps, si cela vous fait plaisir, pourquoi pas ?
Mais ce n'est en aucune façon un régime amaigrissant. Plutôt une philosophie de la vie en relation avec une recherche ascétique. Faites attention à ce que cela ne soit pas un
prétexte pour tomber dans, ou entretenir, un comportement anorexique.
* La cure à base d'un aliment unique ? Le seuil de satiété est plus vite atteint avec un seul aliment qu'avec plusieurs. Cela veut dire
qu'on se lasse relativement vite d'un aliment, alors que l'appétit reviendrait pour un autre aliment. Résultat, on mange moins et on maigrit.
Evidemment, un tel comportement alimentaire ne saurait être conseillé plusieurs jours, car il induit des carences évidentes et ne
saurait préserver ni la masse musculaire, ni la santé.
* La diète protéique ? Efficace parce qu'elle implique une réduction des lipides et des glucides tout en préservant
la masse maigre (nos muscles), la diète protéique doit cependant être réalisée avec prudence et EXCLUSIVEMENT sous contrôle médical.
Elle peut être effectuée en se basant sur la consommation de produits comprenant presque uniquement des protéines, délivrés en pharmacie. Une variante plus
humaine s'appuie sur les aliments naturels essentiellement sources de protéines (viande, poisson, oeufs, produits laitiers).
Attention, après la diète protéique, il faut arriver à mettre en application de nouvelles règles alimentaires équilibrées, car sinon,
les résultats ne dureront pas longtemps et les kilos reviendront vite. Donc, la rééducation nutritionnelle s'impose. La diète
protéique est indiquée chez les personnes obèses devant maigrir rapidement (avant une intervention chirurgicale par exemple),
ou chez lesquelles on n'a pas réussi à obtenir une perte de poids suffisante (permettant d'entretenir la motivation) par le régime
hypoénergétique.
* Le régime hypoénergétique, également appelé "basses calories" ? Les personnes qui en ont compris les bases disent généralement
qu'elles ne sont pas au régime. Et c'est vrai. Pas de privations, pas d'interdits, pas de tabous. On mange de tout en ayant conscience
de ce que chaque famille d'aliments apporte à notre corps. On apprend à être à l'écoute de ses besoins et on s'aperçoit à quel point
bien manger est en fait très simple. La perte de poids est progressive et c'est tant mieux car cela limite les risques de fatigue,
de faim, d'hyperuricémie, d'hypoglycémie et de reprise de poids. La régime hypoénergétique ne doit pas se restreindre à une
diminution globale des calories : il serait alors voué à l'échec à moyen terme. La clé du succès réside dans une alimentation équilibrée, agréable, suffisamment copieuse, donc susceptible d'être satisfaisante sur tous les points.
* Les autres régimes médiatiques : il en apparaît chaque année plusieurs nouveaux, avec leur lot d'inepties et de tabous créés de toutes
pièces. Comment savoir si on peut les suivre avec succès et sans risque pour la santé ? En s'assurant qu'ils permettent de manger de tout
et en quantité suffisante, dans la journée. Si l'équilibre n'est pas assuré dans la journée, ou au pire sur 2 jours, il est indispensable que la période restrictive dure
très peu de temps (plus de 2 semaines ne serait pas raisonnable). Ainsi, par exemple, un régime qui limiterait les légumes verts à 100 g par jour ne serait pas très crédible, compte
tenu de nos besoins en fibres, vitamines et minéraux. Il en va de même avec un régime n'accordant qu'une place infime aux
produits laitiers. Quels que soient leurs fondements (groupe sanguin, horaires, couleur des yeux ou des cheveux, forme des doigts, longueur
des lignes de la main, numérologie, astrologie, etc !), il faut faire preuve de discernement et ne jamais croire aveuglément aux promesses des
auteurs, même s'ils sont diplômés...