Ma graisse, mon bouclier.
L'image du gros n'est pas nécessairement préjudiciable. Cette page est
consacrée à cet aspect positif du surpoids, avantage auquel on n'a
pas forcément envie de renoncer en perdant ses kilos...
* Les rondeurs enfantines.
Des formes pleines, de bonnes joues, des mains potelées, ce n'est pas dépourvu de charme et, en plus, ça donne
l'air jeune ! De plus, la graisse arrondissant les angles, on semble moins austère et moins sévère.
C'est une image que l'on peut avoir envie de donner, aux autres et à soi-même, pour prolonger le temps de l'enfance
et l'indulgence dont bénéficient les enfants. Perdre ses joues rebondies, c'est s'éloigner de l'enfance... or c'est parfois
difficile de devenir adulte.
* Le nounours câlin.
A la fois solide et confortable, le nounours câlin est une montagne de tendresse. Il ou elle sait avoir l'air
un peu maladroit, timide, pour renforcer l'idée qu'il/elle n'est pas méchant(e) et qu'on peut aller s'abriter entre
ses bras. Avec 3 tailles en moins, comment pourra-t-il encore donner cette impression de douceur moelleuse
contre laquelle on a envie de se lover ?
* Le bon vivant.
Amateur de bonne chère et fin nez, il ou elle est toujours partant(e) pour les festivités et
sait régaler les gourmets grâce à ses choix d'expert. Lorsqu'il/elle est invité(e), il/elle
fait honneur aux plats et lorsqu'il/elle reçoit, on sait que la table sera bonne.
Son embonpoint témoigne de sa passion dévorante pour la gastronomie. Qu'il perde vingt
kilos : tout le monde le croira malade !
* La forteresse imprenable.
Image moins sympathique mais à laquelle on peut tenir, car celui ou celle qui la montre,
cherche ainsi à se protéger des attaques et des coups bas. Il ou elle affiche une froide hostilité
pour éviter de souffrir. Son apparence n'incite pas à l'aborder : tant mieux puisque tout ce qu'il/elle
veut c'est qu'on lui fiche la paix. Avec trente kilos de moins, la forteresse ne ressemble plus qu'à
une maisonnette... dont l'imprenabilité n'est pas la caractéristique qui apparaît en premier !
* Le bulldozer.
Puissance, force, pouvoir : il ou elle utilise sa masse pour impressionner ses adversaires et on se
sent tout petit à côté de lui/elle. Sa voix est tonitruante, sa poignée de main vous broie les os et les gens
s'écartent sur son passage. Difficile, dès lors, de s'adapter à une silhouette fluette qui perd toute
crédibilité dans ce rôle.
Ces quelques exemples stéréotypés peuvent prêter à sourire, mais ils mettent le doigt sur un problème
bien réel, rencontré par les anciens gros.
Il n'est pas facile d'être en accord avec sa propre image, lorsque cette image change d'une manière
radicale, surtout si l'on trouvait des avantages à l'image qu'on avait AVANT.
Faut-il prendre la peine d'y réfléchir, de peser le pour et le contre, de s'interroger sur l'importance de la surface des choses,
du regard d'autrui ? Peut-être...
Mais je crois surtout qu'il faut aller dans le sens
de ce que l'on souhaite sans se laisser arrêter par ce qu'on pourrait comparer à une sorte de décalage horaire qui nous fatigue et nous déphase,
et que j'appellerais le décalage pondéral : une période d'adaptation bien naturelle lorsqu'on passe d'un état à un autre,
de même que nous devons nous adapter à chaque événement nouveau en remettant en cause ce que nous croyions immuable, et qui pourtant ne l'était pas,
sans pour autant que le doute nous empêche de continuer à avancer. Si les doutes, le décalage ou toute forme de malaise lié à ce changement persistent, il sera alors très utile de demander l'aide d'un psychothérapeute pour retrouver le lien permettant de "faire corps" avec son identité.